Pleine conscience
En essence, une pensée est simplement une production de notre cerveau parmi des milliers d’autres.

Parmi ces pensées, certaines peuvent devenir récurrentes et envahir tout le champ de notre conscience​.

Cette solidification du bavardage de l’esprit est ce que l’on appelle des « ruminations mentales » : des cycles de pensées répétitives, peu productives et anxiogènes​.

Pris par les ruminations, nos propres pensées en viennent à nous faire souffrir, au delà même de ce qui nous arrive, car nous adhérons à ces pensées jusqu’à en faire des certitudes.

La méditation, en psychothérapie cognitive, permet ce qu’on appelle la « défusion » : c‘est-à-dire la compréhension que les pensées ne sont que des éléments de la conscience, et non la conscience toute entière.​

En identifiant nos pensées comme des phénomènes de l’esprit, ​nous verrons mieux que, dans ces dernières, se nichent beaucoup de jugements de valeur, d’automatismes, d’impulsions, avec lesquelles nous n’avons pas forcément à être d’accord.  

Cette expérience inhabituelle de prise de conscience de son propre mental, cet effort de se servir de son esprit pour ne plus être piégé par lui, est ce que propose la pleine conscience.

 

Ruminations et dépression

D​ifférentes recherches nous montrent que les personnes qui ont souffert de dépression par le passé conservent des « habitudes ruminatives » qui continuent de les fragiliser. Les personnes touchées par la dépression sont donc plus sujettes aux ruminations que les autres. Elles ont tendance par exemple à s’attarder sur les raisons de leurs humeurs, à ressasser des évènements vécus comme désagréables, à se dévaloriser… Ce qui, en retour, entretient les cycles de pensées négatives. Ces cycles se chronicisent, s’autoalimentent, valident le sentiment d’incapacité de la personne et la prédispose à la dépression.

La MBCT, démarche de prévention de la rechute dépressive, ainsi que la MBSR invitent à quitter ces habitudes, c’est-à-dire à rompre ces cercles vicieux pour s’occuper du présent.​​​